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Courants marins, des liens avec le changement climatique ?

Les courants assurent un environnement vivable à la fois dans les océans et sur terre, pour des millions d'espèces, mais surtout pour l'Homme…

Comment naissent ces courants ?

Tout comme les vents assurent le transfert d’énergie entres les zones équatoriales et polaires, les courants marins font de même au sein des océans. Ces courants sont des déplacements d'eau caractérisés par leur débit et leur direction qui sont dus à des différences de densité de l’eau.

 

Il existe des courants de surface causés par une répartition de l'eau chaude se dirigeant vers les pôles, mais également par les vents. De même, les courants de profondeur sont causés par la répartition des eaux froides. Etant plus denses, ces eaux se retrouvent en profondeur pour créer ces courants appelés thermohalins.

Le deuxième facteur qui influe sur les fluides océaniques est la force de Coriolis due à la rotation de la terre. Cette force crée une déviation des courants vers l'est dans l'hémisphère Nord, et inversement, une déviation vers l'ouest dans l'hémisphère Sud.

Les courants plongeant en profondeur (bleu marine) sont appelées courants thermohalins tandis que ceux de surface (bleu clair) sont appelées circulation thermocline.

Les courants comme régulateur du climat

Les courants transportent des quantités phénoménales d’eau, plusieurs millions de m3 à la seconde, ce qui représente un transfert d’énergie calorifique considérable.

 

Les eaux chaudes atteignent les régions polaires et transfèrent sur leur chemin leur énergie à l’air, ce qui réchauffe l’air environnant. C’est pourquoi les zones du littoral ont tendance à avoir leur propre climat. A l’inverse, les eaux froides venant des régions polaires refroidissent l’air environnant au niveau de l’équateur.

 

De ces phénomènes, on peut aisément en déduire que si les courants venaient à perdre leur débit, il y aurait une perte de leur pouvoir calorifique. Ainsi, les zones équatoriales seraient moins refroidies et les zones polaires moins réchauffées. Le climat équatorial serait donc plus chaud et celui polaire plus froid.

Ralentis par le réchauffement climatique…

Le réchauffement climatique, plus marqué près des pôles (dû à l'albédo de la glace) pourrait entraîner une fonte des glaces qui apporterait de l'eau douce en quantité dans l'Atlantique nord qui aurait donc pour effet de diminuer la concentration en sel, et donc diminuer la densité de l'eau. Par conséquence, les eaux de surface ne plongeraient plus en profondeur, la circulation océanique serait donc ralentie.

 

Comme ces courants remontent les sels minéraux des profondeurs nécessaires à la croissance du phytoplancton, base de la chaine alimentaire marine, et qu'ils amènent l'oxygène en profondeur indispensable à la vie marine, il pourrait y avoir un ralentissement de la vie marine avec à la clé des espèces menacées d'extinction. C'est donc tout l'écosystème marin déjà bien affecté par l'activité humaine, dont des millions de personnes dépendent qui pourrait être menacé.

Et le Gulf Stream dans tout ça… ?

Le Gulf Stream est en fait le courant situé en plein océan Atlantique qui régule entre autres le climat européen et nous protège du froid polaire. En effet, il règne au Royaume-Uni un climat plus doux qu'au Canada, les pays étant pourtant situés à la même latitude. Si le Gulf Stream venait à ralentir, les eaux de surface finiraient leur course plus au sud ce qui ne retiendrait plus le froid polaire d'atteindre les côtes européennes.

Qu'en disent les scientifiques ?

Les scientifiques et notamment le Pentagone (le ministère de la défense des Etats-Unis) ont établis plusieurs scénarios dont un plutôt catastrophique si le Gulf Stream venait à s'arrêter, à la manière du film "Le jour d'après", avec une mortalité massive de la population.

 

En réalité, selon certaines publications prenant en compte la salinité des eaux, le Gulf Stream aurait déjà commencé à ralentir. Mais un arrêt complet de ce courant ne pourrait être probable qu'à l'horizon 2100.

 

Or, 2100 c'est loin… Et la COP21 dans tout ça ? Saura-t-elle se préoccuper des réelles menaces qui pèsent sur nos océans… ?

Poulin Nicolas

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